Centre Fermé 127

Centre Fermé 127

Ce centre se situe à Melsbroek (Belgique), à côté de l'aéroport militaire. Le centre se compose de 2 modules en préfabriqué (dortoirs et salle commune dans l'un ; cuisine, réfectoire et parloirs dans l'autre) et d'un bâtiment en dur où se trouvent la direction, le service social et le service médical. Il y a une petite cour/jardin (environ 150m²). Le centre a une capacité d'environ 60 personnes.

En raison de son âge et du mauvais état des infrastructures, ce centre n'est pas du tout adapté à l'enfermement d'étrangers.

Les mineurs non accompagnés qui ne disposant pas des documents d'entrée, demandent l'asile à l'aéroport de Zaventem, sont enfermés dans ce centre. Ces enfants ne sont pas autorisés à accéder au territoire belge. Ce n'est que lorsque leur demande est déclarée recevable, qu'ils sont autorisés à y accéder. Si leur demande d'asile est rejetée, ils risquent d'être refoulés. Depuis le 1er mai 2004, un système de tutelle a été mis en place. Celui-ci prévoit d'attribuer un tuteur à ces mineurs pour autant que leur état de minorité ne soit pas contesté par l'Office des Etrangers. Ce tuteur est le représentant légal du mineur et doit faire une proposition de solution durable. La plupart des tuteurs entreprennent une action judiciaire contre la mesure d'enfermement qui touche leur pupille. La Chambre du Conseil ordonne systématiquement la libération des mineurs non accompagnés. Malgré cette jurisprudence constante, l'Office des Etrangers n'est pas disposé à mettre en liberté d'office les mineurs non accompagnés.

Mais on trouve aussi des familles avec enfants au centre 127. Il s'agit de familles qui ont introduit une demande d'asile à l'aéroport, de “cas Dublin” (des demandeurs d'asile dont la Belgique estime qu'un autre pays membre de l'UE doit examiner leur demande), ou de familles en séjour irrégulier (demandeurs d'asile déboutés ou sans-papiers).

# Posté le samedi 21 juillet 2007 14:41

Modifié le dimanche 22 juillet 2007 07:57

Le Centre N'Est Absolument Pas Adapté à L'Hébergement D'Enfants:

Le Centre N’Est Absolument Pas Adapté à L’Hébergement D’Enfants:

٠ Les enfants n'ont pas d'activités et tournent en rond.
٠ L'espace de jeu à l'air libre est très réduit (15 mètres sur 10)
٠ Les enfants ne comprennent pas ce qui leur arrive, ils se sentent emprisonnés
٠ Il n'y a pas d'enseignement prévu pour ces enfants
٠ Il n'y a qu'un petit local où ils peuvent de temps en temps aller jouer.
٠ Il règne une grande promiscuité
٠ Les enfants dorment dans les mêmes dortoirs que les adultes (les filles dans le dortoir des femmes et les garçons dans celui des hommes). L'exercice du droit à la vie privée et familiale y est impossible.
٠ Les enfants “absorbent” l'angoisse permanente des adultes ainsi que le stress lié aux décisions de l'adminsitration
٠ Il règne en permanence le bruit des atterrissages et décollages des avions. Quand il s'agit de vols militaires, le bruit est assourdissant.
٠ La salle commune est bruyante : la télévision y marche en permanence. Parfois beaucoup de violence dans les films qui sont regardés
٠ Le centre est séparé du monde extérieur par le fait de se trouver sur une base militaire dont l'accès est gardé et par plusieurs rangées de grillages et de barbelés.
٠ Les enfants se plaignent de la nourriture
٠ Les enfants ne peuvent recevoir aucune visite (seul l'avocat et le tuteur ont accès au centre).


# Posté le dimanche 22 juillet 2007 07:40

Centre Fermé 127 Bis

Centre Fermé 127 Bis

Le centre 127bis se trouve à Steenokkerzeel à proximité des pistes de l'aéroport de Zaventem.

Ce centre a une capacité de 112 places. Depuis l'été 2005, le centre est entièrement réservé pour des femmes seules, couples ou familles avec enfants. Dans ce centre on trouve des demandeurs d'asile en procédure ou déboutés, des sans-papiers et des “cas Dublin” (des demandeurs d'asile dont la Belgique estime qu'un autre pays membre de l'UE est responsable de l'examen de leur demande).

Il y a trois ailes pour les familles. Ces dernières semaines, il y avait en permanence de 50 à 60 enfants dans ce centre fermé. Des enfants de tous âges et toutes nationalités.

# Posté le dimanche 22 juillet 2007 07:46

Modifié le dimanche 22 juillet 2007 07:58

Le Centre N'Est Absolument Pas Adapté à L'Hébergement D'Enfants:

Le Centre N’Est Absolument Pas Adapté à L’Hébergement D’Enfants:

٠ Les enfants dorment dans la même chambre que leurs parents.
٠ Une petite « salle de jeu » est accessible. Dans cette salle, 10 enfants au plus peuvent jouer en même temps.
٠ Presque aucune activité n'est organisée. Il y a 2 ou 3 animatrices pour s'occuper des enfants dans les derniers temps mais vu le nombre des enfants présents, il n'est pas possible d'organiser beaucoup d'activités.
٠ Les enfants ne peuvent aller à l'extérieur que 2 heures par jour et sous la surveillance d'un gardien.
٠ Dans la salle commune, la télévision est allumée en permanence.
٠ L'espace de jeu est entouré de hauts grillages et de barbelés.
٠ Il n'y a pas d'enseignement.
٠ Les enfants sont souvent témoins d'incidents entre les adultes.
٠ Les enfants sont témoins de l'angoisse des adultes par rapport à leur renvoi forcé dans leur pays d'origine et de la violence qui entoure parfois les expulsions.
٠ Il n'y a presque aucun jouet.

# Posté le dimanche 22 juillet 2007 07:51

Centre Fermé De Vottem (Liège)

Centre Fermé De Vottem (Liège)

29 février 2000: un médecin démissionne et accuse !


Ginette Marchant était l'un des deux médecins du centre fermé de Vottem, inauguré en mars 1999. Après onze mois, elle démissionne et écrit au Centre pour l'Égalité des Chances. Elle réclame un débat sur l'indépendance médicale et le respect de l'éthique de sa profession
dans les centres fermés, incompatible, écrit-elle, avec les injonctions du Ministère de l'Intérieur pour lequel tout employé d'un centre, y compris le médecin, a
pour mission première de convaincre les "résidents" de se laisser rapatrier.

Elle part parce qu'il lui est impossible de faire son travail, parce que ne lui sont permis que les soins d'urgence, parce que la répression s'accroît dans le centre. Elle part, décidée à dénoncer publiquement le fonctionnement d'un univers clairement carcéral. Son témoignage est accablant.

Le Dr Marchant explique d'abord le mensonge de l'image rassurante, voire sociale, que le Ministère de l'Intérieur s'applique à donner du "centre fermé pour illégaux" de Vottem. "Lors du recrutement, c'est le directeur qui interviewait les candidats. Il faisait attention à ne pas choisir
des gens qui avaient des opinions racistes, que certains émettaient clairement.
Il fallait une belle image, une image sociale. Je correspondais à cette étiquette parce que j'avais travaillé dans l'humanitaire et que j'étais femme. Quand il m'a recrutée, il m'a expliqué qu'il voulait travailler à ce que les gens soient bien. L'autre médecin -puisqu'il s'agissait de deux mi-temps- a été choisi parce qu'il est métis".

Sur les 11 mois que j'ai passés là-bas, je n'ai jamais vu qu'on formait quelqu'un à quoi que ce soit. Il y a des détenus qui y passaient 8 mois et qui ne parlaient toujours pas français. Et puis, le psychologue est rattaché à la direction et fait de l'administratif, les assistantes sociales doivent encourager les gens à partir et les médecins aussi !
C'est schizophrénique d'abord pour les détenus et aussi pour le personnel.
Ceux qui poussent les gens à partir se font engueuler par leurs collègues plus "sociaux" et vice versa. Tout le monde surveille tout le monde et on se ment tous".

# Posté le dimanche 22 juillet 2007 08:12