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# Posté le dimanche 22 juillet 2007 08:14

Témoins

Témoins

"Nous sommes témoins d'atteintes aux droits de l'homme et à la dignité humaine. Certains d'entre nous rentrent chez eux en pleurant ... "


Confient plusieurs agents du centre fermé pour sans-papiers de Vottem. Ils dénnoncent la présence de résidents souffrant de lourdes pathologies mentales ...

"Ce n'est pas leur place. Ils ne reçoivent aucune aide thérapeutique. Quotidiennement, nous sommes confrontés à des drames qui nous révulsent."

# Posté le dimanche 22 juillet 2007 08:20

Laissez-Les Grandir Ici !


♥♥♥♥♥

Nous sommes des enfants de « sans papiers ».
Un sans-papier, c'est quelqu'un qui n'a pas de carte de séjour
me s'il est en France depuis longtemps.

Comme beaucoup d'entre vous, nos parents sont venus d'ailleurs.
I
ls ont fui la violence, la misère.
Il
s sont venus pour travailler et nous donner une vie meilleure
Certains d'entre nous sont nés ici.
A
vec ou sans papiers la France est notre pays.

On vit dans des hôtels meublés, des appartements, des chambres on s'entasse.
T
ous les jours on a peur.
On
a peur que nos parents soient arrêtés par la police quand ils vont au travail, quand ils prennent letro.
O
n a peur qu'on les mette en prison, que nos familles soient séparées et qu'ils nous renvoient dans des pays qu'on ne connaît pas.
O
n y pense tout le temps.
A l
'école aussi.
Est ce que c'est normal d'avoir peur quand on va à l'école ?

L'
été dernier nos parents et nous, on a eu l'espoir d'avoir enfin des papiers.
O
n a fait des dossiers, on a passé des jours et des nuits à faire la queue devant des préfectures.
On
s'est inscrit dans des bureaux.
O
n a cru qu'on serait régularisés, que le cauchemar serait terminé.
O
n remplissait tous les critères, mais on nous a dit : non.

Nous sommes venus à visage découvert avec nos noms, nos adresses.
Ce
ux qui ont eu leurs papiers avaient leme dossier que nous. Et pourtant on nous a dit : non.
Ar
bitrairement.

M
aintenant on est en danger et on doit se cacher.
Pourquoi cette injustice ?

N
ous ne voulons plus vivre dans la peur.
Nous voulons que la France nous adopte.
Nous voulons être régularisés.
La
issez nous grandir ici.



- Sarkozy et « Laissez-les grandir ici! » - voir

# Posté le dimanche 22 juillet 2007 13:16

Joseph Kollie

Joseph Kollie

De 1997 à 2003, le Liberia a vécu sous le
régime sanglant de Charles Taylor, qui attend aujourd'hui son procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Joseph Kollie a payé cher son opposition à Taylor : son père et l'un de ses fils sont morts lors d'un attentat qui le visait.

Arrivé à Besançon en 2002 pour un stage de français au Centre de linguistique appliquée, Joseph Kollie s'y inscrit en DEUG et demande l'asile politique. Son histoire et le danger qu'il court en rentrant au Liberia n'émeuvent guère l'administration française : débouté du droit d'asile, il reçoit une « invitation à quitter le territoire » en novembre 2004.

La préfecture de Franche-Comté accepte toutefois de tolérer sa présence jusqu'à la fin de l'année scolaire 2004-2005. Sans domicile fixe et sans ressources, puisque sa situation lui interdit de travailler, Joseph Kollie réussit tous ses examens. Une pétition lancée pour lui obtenir un titre de séjour étudiant rassemble 6 000 signatures. En vain. Arrêté le 8 février 2006 sur le chemin de la fac, Joseph Kollie est expulsé le surlendemain vers le Liberia.

Depuis les démarches des élus locaux et du Président de l'Université de Franche-Comté pour permettre à Joseph Kollie de revenir en France se sont heurtées à une fin de non-recevoir : « l'intéressé ne remplit pas toutes les conditions » se contente de répondre le représentant de l'État français.

# Posté le dimanche 22 juillet 2007 13:41

Mohammed Belgherbi

Mohammed Belgherbi

La double peine a été officiellement abolie en 2003. Cependant, Mohammed Belgherbi continue, chaque jour, d'en subir les effets.

Arrivé en France en 1988 avec des papiers en règle, Mohammed Belgherbi est le père d'une famille de 5 enfants, tous scolarisés à Marseille : Rayan (2 ans), Yamina (8 ans), Mehdi (9 ans), Ahmed (14 ans), Oualid (16 ans). À terme, tous ses enfants auront la nationalité française. Sa compagne algérienne dispose, quant à elle, d'une carte de résidence de 10 ans.

À la suite d'un passage devant les tribunaux en 1994, Mohammed Belgherbi a été doublement condamné : à une peine de prison ainsi qu'à une interdiction définitive de séjour sur le territoire français. Expulsé une première fois à sa sortie de prison en 1996, il réussit à revenir rapidement auprès de sa famille. Expulsé une seconde fois en 1998, il a mis plus de trois ans à la revoir. En 2005, il a demandé une assignation à résidence dans le but de pouvoir légalement rester auprès de sa femme et de ses enfants en travaillant. Cette demande a été refusée.

Interpellé à nouveau lors d'un simple contrôle de papiers, Mohammed Belgherbi a été expulsé le 22 février 2007, sans argent et sans bagage, vers un pays où personne ne l'attendait. Il n'a pourtant commis aucune infraction depuis 1994, si ce n'est celle de vivre auprès de sa famille.

Mohammed Belgherbi a purgé sa peine. Sa double, sa triple peine même. Il n'en est pas moins soumis à une cruelle alternative : être perpétuellement privé des siens ou demeurer clandestinement à leurs côtés.

# Posté le dimanche 22 juillet 2007 13:45