Elanchelvan Rajendram

Elanchelvan Rajendram

Depuis 1983, la
guerre civile déchire le Sri Lanka. Au terrorisme souvent aveugle des séparatistes tamouls répond la sanglante répression du gouvernement de Colombo. Parmi les 70 000 victimes de ce terrible conflit figure désormais Elanchelvan Rajendram, assassiné devant son domicile le 28 février 2007 par des militaires cinghalais. Il avait 30 ans.

Pendant trois ans, Elvanchevan Rajendram avait pourtant espéré fuir la guerre : après la mort de ses deux frères, dont l'un faisait partie des Tigres tamouls, et suite aux persécutions qu'il avait lui-même subies, il était venu en France au mois de juin 2002, pour y
demander l'asile politique. Mais en dépit des traces de tortures marquant son corps, en dépit des preuves relatives à la disparition de ses frères et à sa propre détention, Elanchelvan Rajendram a été débouté et renvoyé au Sri Lanka, le 30 août 2005, suite à un arrêté de reconduite à la frontière.

Brièvement incarcéré à son retour au pays, Elanchelvan Rajendram a ensuite tenté de retrouver une vie normale : il a repris ses études,
s'est marié et a eu une petite fille, née en automne 2006. À l'aube du 28 février 2007, les militaires qui ont abattu Elanchelvan Rajendram ont tiré seize balles, dont six l'ont atteint. En mars 2007, le ministère de l'Intérieur et l'Office français de protection des réfugiés et apatrides se félicitaient de la diminution substantielle des demandeurs d'asile sur le territoire national.

# Online seit Sonntag, 22. Juli, 2007 um 13:50

Fatima Charbi

Fatima Charbi

Fatima Charbi aura bientôt 20 ans. Marocaine, elle arrive en France en 2001 et s'installe chez son père, ancien ouvrier aux usines Dunlop de Montluçon en situation régulière. Suite à un grave accident du travail, il vit d'une faible pension d'invalidité. Bien qu'il assure la scolarisation de Fatima, c'est le motif invoqué par l'administration française pour refuser à la jeune fille sa régularisation au titre du regroupement familial.

Devenue majeure le 30 mai 2005, Fatima, alors en terminale au lycée Geneviève Vincent à Commentry, demande aussitôt un titre de séjour « étudiant ». Demande rejetée, au motif qu'elle est entrée en France sans visa de longue durée. Fatima est pourtant scolarisée et peut subvenir à ses besoins grâce à un contrat « jeune majeur » obtenu du Conseil général de l'Allier ; mais la préfecture persiste et prend un arrêté de reconduite à la frontière, exécuté le 25 octobre 2006 alors que Fatima est inscrite en bac pro chimie au lycée Paul Constans de Montluçon. Arrêtée à son domicile, la jeune fille est enfermée au centre de rétention administrative de Lyon, puis expulsée le 12 novembre 2006.

Traumatisée par sa détention, arrachée à sa vie, Fatima ne peut ni poursuivre ses études, faute d'une formation équivalente au Maroc, ni trouver un travail, n'ayant n'a pas encore obtenu son diplôme. Son seul espoir : que la mobilisation en sa faveur du conseil municipal de Montluçon, des professeurs et élèves de son lycée, ainsi que des 600 citoyens qui ont manifesté contre son expulsion lui permette de revenir chez elle.

# Online seit Sonntag, 22. Juli, 2007 um 13:53

Famille Raba

Famille Raba

Au printemps 1999, la France participe à l'opération militaire de l'OTAN destinée à empêcher la déportation massive des Albanais du Kosovo. Parmi les victimes de l'épuration ethnique figurent Jusuf et Shpresa Raba, qui sont chassés de leur village et dont la maison est brûlée par les soldats de Slobodan Milosevic.

Après le retrait des forces de Belgrade, les Raba rentrent chez eux et, en dépit des pressions exercées par les extrémistes albanais, ils refusent de participer aux représailles contre leurs voisins serbes. Cette attitude leur vaut d'être harcelés et brutalisés par les nouveaux hommes forts du village. Terrorisés et craignant pour leur vie, les Raba quittent le Kosovo en automne 2001 avec leur fils Qirim, âgé de 2 ans et alors que Shrepsa est enceinte.

Arrivés en France clandestinement, ils s'installent à Gray (Haute-Saône), où naissent leurs deux autres enfants, Dashnor et Dashrujé. Inlassablement, les Raba demandent l'asile : en vain. En juin 2006, leurs trois enfants, qui ne parlent que le français, sont scolarisés, Jusuf a reçu une promesse d'embauche, et la famille Raba tente encore d'obtenir la régularisation dans le cadre de la circulaire Sarkozy.

Cette fois, ils ne seront pas seulement déboutés : arrêtés le 16 novembre à leur domicile, les Raba sont expulsés le 6 décembre. Dans l'avion qui les ramène au Kosovo, pas moins de dix policiers français les entourent. Revenus dans le village qu'ils avaient fui cinq ans plus tôt, les Raba vivent désormais reclus, isolés et surtout habités par la peur de voir ressurgir les brutes dont ils se croyaient délivrés.

# Online seit Sonntag, 22. Juli, 2007 um 13:56

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# Online seit Sonntag, 22. Juli, 2007 um 13:58

Témoignage

Témoignage

Je m'appelle Sami. Je viens du Kosovo. Je suis venu en Suisse avec ma mère et mes deux frères il y a dix ans. Mon père était déjà en Suisse, à Fribourg. Ma mère et mes frères, nous avons d'abord séjourné dans un petit village près de Zurich avant de pouvoir rejoindre mon père. La venue en Suisse a bouleversé ma vie, c'était comme monter du premier au cinquième étage. Mais j'ai commencé à construire ma vie gentiment. Je suis entré à l'école primaire après avoir suivi un cours de français d'une année. J'ai commencé à connaître la ville et me faire des amis. C'était difficile pour moi d'étudier car j'avais des problèmes de langue. Après avoir fini l'école secondaire, j'ai fait une formation de trois mois en informatique, puis j'ai travaillé à droite et à gauche. Aujourd'hui je me retrouve dans une situation difficile, je ne possède pas de permis d'établissement qui me permettrait de vivre et de travailler en Suisse. Avant j'étais requérant d'asile, j'avais le permis N. Nous avons fait, mes deux frères et moi, une demande de naturalisation, mais celle-ci n'a été acceptée que pour mon petit frère. Les motifs de ce refus ne sont pas très clairs. Les autorités ont attendu que nous soyons majeurs, mon grand frère et moi, pour nous envoyer ensuite une lettre d'expulsion. Ma mère a bien sûr essayé de faire recours mais la réponse était que nous sommes majeurs et qu'elle n'a donc plus aucun droit sur nous. Le seul moyen de faire recours contre cette décision d'expulsion aurait dû se faire depuis le Kosovo. Mon grand frère s'est fait renvoyé, moi, j'ai rejoint le Collectif des sans-papiers pour ne pas subir le même sort. Je n'arrive pas à m'imaginer une vie là-bas. J'y suis encore plus étranger qu'ici: je n'ai pas de contacts avec les gens de là-bas, je ne connais pas les lieux, je ne maîtrise pas bien la langue... De plus, à notre âge, on risque de se faire piéger par l'armée pour finir en Macédoine ou je ne sais où. J'ai grandi ici, j'ai vécu mon adolescence ici, mes copains et mes amis sont tous là, mes meilleurs souvenirs sont ici, ma vie est ici. En m'engageant dans le collectif des sans-papiers j'aimerais sensibiliser les citoyens suisses à notre problème pour qu'ils nous soutiennent dans notre démarche. J'espère aussi revoir un jour mon frère ici, en Suisse.

# Online seit Sonntag, 22. Juli, 2007 um 14:44