En procès pour avoir aidé un sans-papiers
Instituteur et militant du RESF, Florimond Guimard sera jugé le 20 avril par le TGI d'Aix en Provence. Il risque 3 années de prison et 45 000 euro d'amende pour avoir, selon la police, "volontairement commis des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, faits commis par arme par destination (en l'espèce son véhicule)" et "avoir volontairement exercé des violences [...], ces violences étant aggravées par les deux circonstances suivantes : sur un dépositaire de l'autorité publique et en réunion".
En réalité ces termes pompeux et maladroits qualifient un « délit » dont il peut être fier : il a, le 11 novembre dernier, avec 200 autres, contribué à empêcher que deux enfants (tout petits) soient privés de leur père qui devait être expulsé vers l'Algérie.
Deux jours auparavant, une première tentative d'expulsion par bateau avait déjà été bloquée : parents d'élèves, enseignants, syndicalistes, militants RESF et politiques s'étaient rassemblés devant le port tandis que les marins CGT-SNCM du Danièle Casanova refusaient de partir si Lahcène Douibi était embarqué.
Le 11 novembre, la police tentait une nouvelle expulsion, par avion cette fois. Lahcène Douibi était chargé dans une voiture de police qui fonçait vers l'aéroport où une petite foule protestait. La police utilisait matraques et gaz lacrymogènes pour la faire refluer, huit personnes étaient interpellées. Mais, Lahcène Douibi résistait et les passagers protestant, il était finalement débarqué puis libéré ainsi que les 8 personnes interpellés. Une cinglante défaite de la préfecture et du ministère donc.
Un mois plus tard, le 19 décembre, Florimond était convoqué au commissariat en compagnie d'une, autre militante RESF contre qui la police n'a rien pu retenir, placé en garde à vue puis mis en accusation. Le procès intenté à Florimond Guimard est à l'évidence politique. La décision de le traîner en justice a été prise au plus haut niveau et après plus d'un mois de réflexion, si l'on peut dire en la circonstance. Les accusations portées contre lui sont ridicules, ne serait-ce que par leur démesure. Ce procès s'inscrit dans une série d'intimidations et de poursuites engagées contre celles et ceux qui se dressent contre la chasse aux enfants et à leurs parents sans papiers.